Étranglée par la hausse des prix, elle affiche l’avis de décès de sa boulangerie, à Toulouse

Christel Pegoraro, boulangère à Toulouse, a annoncé la fermeture définitive de son commerce en placardant un avis de décès. Avec la hausse du prix de l’énergie et des matières premières, elle ne pourra pas s’en sortir, même en augmentant le prix de la baguette.

Depuis sept ans, Christel Pegoraro tient cette boulangerie, située faubourg Bonnefoy à Toulouse, rapporte Ladépêche.fr. Mais le contexte actuel fait qu’elle ne s’en sort plus. Elle sait qu’à partir du mois de janvier, les factures d’électricité vont connaître une hausse exponentielle.

Les prix de l’énergie multiplié par 4

« C’est la mort dans l’âme que j’ai augmenté le prix de la baguette. J’ai conscience que 1,10€, c’est beaucoup pour certains. Mais on n’y arrive plus », explique celle qui est artisan boulangère depuis vingt ans. Elle précise avoir déjà perdu 40% de son chiffre d’affaires avec la crise du Covid. En 2021, le prix des matières premières ont fortement augmenté, d’abord le blé, puis le beurre, mais aussi le sucre, les œufs et le lait.

Récemment, lorsque son fournisseur d’électricité l’a informée de la hausse du prix du kilowattheure pour l’année prochaine, son contrat actuel se terminant à la fin du mois, elle a compris qu’elle ne pourra pas payer. Sa facture mensuelle, qui est de 2200€ au maximum, doit effectivement passer à 8000 € en janvier.

 

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La boulangère, qui emploie six salariés, devait terminer le remboursement de son emprunt dans six mois. « Je n’arriverai jamais au bout de ces six mois. Les clients sont étonnés de découvrir cette situation. Mais ce qui se passe est grave », se désole-t-elle auprès de Ladépêche.fr.

Sans bouclier tarifaire conséquent, 80% des boulangeries pourraient disparaître

Dépitée, Christel a affiché sur sa devanture l’ « avis de décès de la boulangerie-pâtisserie artisanale », indiquant les causes du décès, à savoir les augmentations de l’électricité, du gaz et du beurre. « Cela fait 20 ans que je suis dans ce métier et 7 ans que je suis ici. Je me dis qu’il va bien se passer quelque chose, je ne veux pas y croire », espère-t-elle cependant, ainsi qu’elle l’a confié à France 3 Occitanie. Le média rapporte en outre que 80% des boulangeries pourraient disparaître, selon les artisans boulangers eux-mêmes, si ces derniers n’obtiennent pas un bouclier tarifaire important.

« On n’a jamais connu ce type de crise, l’énergie représente une somme tellement considérable que l’on ne pourra pas y survivre donc on attend une aide vraiment conséquente de l’État », a confirmé à France 3 Jean-Pierre Feuillet, le président de l’Union des artisans boulangers et pâtissiers de la Haute-Garonne.

 

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crédit photo: capture d’écran

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