Contrôle technique des deux-roues: nouvelles manifestations de motards en France

Les conducteurs de deux-roues motorisées ne décolèrent pas. Plusieurs centaines de motards ont défilé samedi dans plusieurs villes françaises comme Toulouse, Lille, Bordeaux ou Rennes, pour protester contre l’instauration du contrôle technique de leurs engins dès 2023.

À Toulouse, un cortège composé de 900 véhicules, selon les chiffres de la préfecture de Haute-Garonne, s’est réuni à l’appel de plusieurs fédérations de motards de la région, avant d’emprunter l’A64, baptisée la « Pyrénéenne », pour ensuite se diriger vers le périphérique à faible allure en faisant vrombir leurs moteurs.

Dans la Ville Rose, la mobilisation concernait aussi la mise en place d’une zone à faible émission (FSE), qui entraînera l’interdiction des voitures et deux-roues certifiés Crit’air 4, 5 et non classés (les véhicules les plus vieux) à partir du 1er janvier 2023.

À Bordeaux, 850 motos ont défilé en ville selon la préfecture, certaines arborant une affichette « Non au contrôle technique » et « je contrôle, tu contrôles, ils s’enrichissent ».

 

Dans la capitale des Flandres, ils étaient 650, selon une source policière, à s’être rassemblés vers 15 heures place de la République, près de la préfecture lilloise.

À Rennes, 350 à 400 motards se sont rassemblés devant la préfecture d’Ille-et-Vilaine en début d’après-midi, venus également des départements voisins du Morbihan et des Côtes d’Armor.

À Pau, ils étaient plusieurs centaines selon le journal Sud Ouest. Des mobilisations ont aussi eu lieu à Reims et Strasbourg où 250 motos ont défilé.

 

Un contrôle technique jugé inefficace

Philippe Maussion, coordinateur de la Fédération française des motards en colère (FFMC) 59, a appelé l’Etat à ne pas « céder aux associations pseudo-écologistes parisiennes dont le seul but est de chasser tout ce qui est motorisé de Paris ».

« On est là pour encourager le gouvernement à poursuivre ses efforts sur des solutions alternatives au contrôle technique obligatoire pour les deux roues », a déclaré Philippe Jéhanno, coordinateur de la manifestation pour la FFMC 35.

« Le contrôle technique sera inefficace en termes de sécurité. En dix ans, le parc de deux roues a augmenté de 30% tandis que la mortalité baissait de 19%. Nous sommes les bons élèves de la sécurité routière », affirme-t-il.

La FFMC d’Ille-et-Vilaine doit être reçue jeudi à la préfecture pour aborder des problématiques propres au département, notamment liées à la sécurité, a-t-il précisé.

 

Manifestation à Paris dimanche

Dans un arrêt du 31 octobre, le Conseil d’Etat a réinstauré le contrôle technique pour les deux-roues, dont l’application était prévue début 2023 avant son annulation par le gouvernement. L’Europe demande depuis 2014 à ses pays membres de mettre en place cette vérification pour les deux roues.

Malgré la décision du Conseil d’État, le dossier reste complexe. Plusieurs questions se posent encore, entre autres sur la formation des techniciens et le nombre de centres qui devront être créés sur le territoire.

Auprès de BFMTV, le cabinet de Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, affirmait très simplement la semaine dernière que « la concertation en cours avec les parties prenantes amènera à définir précisément les modalités du contrôle technique ».

Le ministère a tout de même précisé que plus d’1,5 millions de véhicules sont concernés par le dispositif.

Il y a une semaine, plus de 1500 motards, venus de plusieurs départements du sud de la France, avaient déjà défilé à Montpellier pour protester contre cette mesure. D’autres manifestations sont prévues ce week-end, dont une à Paris ce dimanche.

 

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crédit photo: capture d’écran

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