Aide alimentaire : le patron des Restos du Cœur sonne l’alerte

Toujours plus de monde, des situations de plus en plus précaires, l’inflation qui pèse… Patrice Douret, président des Restos du C?ur, se montre très inquiet à deux jours de l’ouverture de la campagne d’hiver, lors d’une interview au Parisien, publié samedi 19 novembre. Le patron de l’association créée par Coluche pose le cadre d’emblée : « C’est une situation qu’on n’a jamais connue aux Restos du c?ur. On est inquiets. Avec cette succession de crises, d’abord sanitaire puis économique et climatique, l’année s’annonce très particulière ». Et d’illustrer son alerte par des chiffres : 12 % de personnes inscrites en plus depuis avril, 15 % de familles en plus, et 25 % de présence supplémentaire d’enfants en bas âge. « Ces chiffres nous inquiètent au plus haut point », confie-t-il.

 

Parmi ces chiffres, Patrice Douret relève que de plus en plus de femmes, mères monoparentales, sont présentes. « Ce sont des personnes qui font face à une hausse importante des prix de produits essentiels comme les couches, les petits pots. Elles doivent arbitrer entre un litre de lait et un litre d’essence donc elles n’ont plus le choix de rien. En fait, l’inflation vient aggraver la situation des gens qu’on accueillait déjà », analyse-t-il, « On trouve de plus en plus de personnes qui survivent et sont obligées de compléter l’aide des Restos avec de l’aide d’autres associations ou même des maraudes de rue quand cela devient trop dur ». Et d’appuyer : « On voit aussi de plus en plus de familles à la rue. Avant, les enfants étaient prioritaires mais le 115 est saturé, alors certains ne le sont plus »?

 

Les Restos du C?ur frappés par les crises successives

Si les bénéficiaires sont de plus en plus précaires, le problème se pose également pour les bénévoles. « Parmi nos bénévoles, il y a beaucoup de gens modestes qui donnent. (…) Quelle sera leur possibilité demain de continuer à nous accompagner ? Je n’en sais rien. Certains peuvent de moins en moins faire dix ou quinze kilomètres pour venir nous aider, surtout en zone rurale ». Alors Patrice Douret réclame une aide de l’exécutif : « On milite fortement pour que cette réduction d’impôts devienne un crédit d’impôt. De cette façon, un bénévole non imposable pourrait se faire rembourser une partie de sa dépense par l’État. Ce serait une dépense publique, certes, mais surtout un investissement social ! » Rappelant que « sans les bénévoles, le pays ne peut pas tenir ».

Le patron de l’association, enfin, rappelle que les crises ne l’ont pas épargnée. « Depuis le mois d’avril, nous avons 15 à 20 % de dépenses supplémentaires. (…) Or, nous sommes totalement gratuits. Nous ne vendons rien et il est hors de question que ça change. » L’occasion, pour lui, de rappeler que « Chaque don compte, y compris ceux venant des entreprises ».

 

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crédit photo: capture d’écran

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