Pauvreté : « Avec 536,95 euros par mois, je ne m’en sors plus », confie Marc, chômeur de longue durée

temoignage – Au chômage depuis 2015, Marc vit avec l’allocation de solidarité spécifique

Marc était menuisier. Il touchait 2.700 euros par mois, aimait son travail, et il était fier de ses dix-sept ans d’ancienneté dans son entreprise. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, cet habitant du Puy-de-Dôme de 43 ans repense avec nostalgie à son ancienne vie. Car en 2015, il a connu ce que certains nomment pudiquement « un accident de la vie ». Une séparation douloureuse avec son épouse, suivie d’un burn-out. « Ce qui m’a conduit à conclure une rupture conventionnelle avec mon entreprise pour tenter de me reconstruire », confie-t-il.

Trop mal en point pour chercher du boulot immédiatement, ce n’est qu’en 2018 qu’il arrive à glaner quelques missions d’intérim. « Mais quand vous vous êtes arrêté longtemps de travailler, les recruteurs doutent de vos capacités. Et je reconnais aussi que j’étais plus lent à exécuter les tâches qui m’étaient confiées », se souvient-il.

 

« Même me payer un McDo, je ne peux pas me le permettre »

Malgré l’accompagnement dont il bénéficie via Pôle emploi, impossible de rebondir. « On m’a envoyé une offre de conseiller clientèle, mais cela ne correspondait pas à mes compétences. J’ai aussi fait une formation d’agent d’entretien du bâtiment qui ne m’a servi à rien. Je n’ai pas décroché plus d’entretiens après. » Autre handicap de Marc : son absence de permis. « C’est le serpent qui se mord la queue : pour postuler à certaines offres, il faut être mobile. Mais sans boulot, je n’ai pas les moyens de passer mon permis », commente-t-il.

Pendant deux ans, Marc perçoit des indemnités chômage. Mais en 2017, c’est fini. Il apprend alors ce que veut dire vivre avec un minimum social. Pour lui, ce sera l’allocation de solidarité spécifique. « Je suis hébergé chez mon père, ce qui me sauve. Mais une fois que j’ai payé l’électricité, le téléphone, Internet et la nourriture, je n’ai presque plus de sous dès le 5 du mois. Même me payer un McDo, je ne peux pas me le permettre », confie-t-il.

 

Au chômage depuis 2015, Marc vit avec l’allocation de solidarité spécifique
temoignage – Au chômage depuis 2015, Marc vit avec l’allocation de solidarité spécifique

Marc était menuisier. Il touchait 2.700 euros par mois, aimait son travail, et il était fier de ses dix-sept ans d’ancienneté dans son entreprise. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, cet habitant du Puy-de-Dôme de 43 ans repense avec nostalgie à son ancienne vie. Car en 2015, il a connu ce que certains nomment pudiquement « un accident de la vie ». Une séparation douloureuse avec son épouse, suivie d’un burn-out. « Ce qui m’a conduit à conclure une rupture conventionnelle avec mon entreprise pour tenter de me reconstruire », confie-t-il.

Trop mal en point pour chercher du boulot immédiatement, ce n’est qu’en 2018 qu’il arrive à glaner quelques missions d’intérim. « Mais quand vous vous êtes arrêté longtemps de travailler, les recruteurs doutent de vos capacités. Et je reconnais aussi que j’étais plus lent à exécuter les tâches qui m’étaient confiées », se souvient-il.
« Même me payer un McDo, je ne peux pas me le permettre »

Malgré l’accompagnement dont il bénéficie via Pôle emploi, impossible de rebondir. « On m’a envoyé une offre de conseiller clientèle, mais cela ne correspondait pas à mes compétences. J’ai aussi fait une formation d’agent d’entretien du bâtiment qui ne m’a servi à rien. Je n’ai pas décroché plus d’entretiens après. » Autre handicap de Marc : son absence de permis. « C’est le serpent qui se mord la queue : pour postuler à certaines offres, il faut être mobile. Mais sans boulot, je n’ai pas les moyens de passer mon permis », commente-t-il.

Pendant deux ans, Marc perçoit des indemnités chômage. Mais en 2017, c’est fini. Il apprend alors ce que veut dire vivre avec un minimum social. Pour lui, ce sera l’allocation de solidarité spécifique. « Je suis hébergé chez mon père, ce qui me sauve. Mais une fois que j’ai payé l’électricité, le téléphone, Internet et la nourriture, je n’ai presque plus de sous dès le 5 du mois. Même me payer un McDo, je ne peux pas me le permettre », confie-t-il.
« Plus ça va, plus mon chariot se vide »

Et Marc redoute encore plus les prochains mois : « Je ressens déjà l’inflation. Les produits de base ont augmenté, c’est affolant. Plus ça va, plus mon chariot se vide. » Il est souvent obligé de faire des arbitrages dans ses dépenses : soit payer sa facture d’électricité, soit celle de son téléphone. « Avec mes 536,95 euros par mois, je ne m’en sors plus. » Alors ses menus ne varient pas beaucoup : des pâtes avec de la sauce tomate ou du beurre, selon ce qui reste dans son frigo. Quant au chauffage, il ne l’allume plus depuis des années. « Je m’habille chaudement et je vis avec une couverture à proximité. » Faute d’argent pour pouvoir sortir, sa vie sociale s’est réduite à peau de chagrin. « Depuis 2017, beaucoup d’amis ont déserté. Ils ne comprennent pas que j’en sois arrivé là. »

Inquiète pour lui, l’assistante sociale qui le suit l’a dirigé vers le Secours Catholique. « L’association m’a aidé à payer une partie de ma facture d’électricité, à refaire mon CV et à obtenir deux entretiens », indique-t-il. Ces prochains jours, il tentera donc de décrocher un poste de conducteur de ligne chez Michelin, ou un autre d’agent d’entretien d’espaces verts dans le cadre du dispositif « Territoires zéro chômeur de longue durée ». « J’accepterai le premier poste que l’on me proposera. J’espère vraiment que ça va bouger et que je pourrais m’acheter une tranche de foie gras pour Noël », souffle-t-il.
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crédit photo: capture d’écran

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