Météo : aura-t-on enfin un vrai hiver cette année ?

De la neige en montagne, des pare-brise couverts de givre, de la pluie, du brouillard et des champs gadouilleux…

Le réchauffement climatique a presque fini par nous faire oublier ces

signaux si caractéristiques de l’hiver.

Mais d’après les prévisions saisonnières établies par plusieurs organismes météorologiques, la France pourrait connaître cette année un vrai « temps de saison » à compter de décembre.

Le prévisionniste Régis Crépet, de la Chaîne Météo, se demande même si l’on ne s’oriente pas vers l’hiver le plus froid depuis cinq ans.

« À l’échelle du trimestre (décembre/janvier/février), les températures prévues seraient proches des moyennes de saison basées sur les trente dernières années et l’hiver pourrait renouer avec + 10 % de précipitations », dit-il.

D’après l’organisme météo, la France n’avait pas connu tel scenario depuis 2017.

« Les derniers hivers avaient été marqués par des anomalies chaudes très marquées, ajoute le spécialiste de la chaîne météo. +2 °C en 2018-2019, +2,7 °C pour l’hiver 2019-2020, +1,2 °C en 2020-2021 et en 2021-2022 » .

Selon le scenario établi par la chaîne Météo, la France a seulement 30 % de chances cette année de connaître un hiver « plus chaud » que les normales de saison d’ici la fin janvier.

« Prédominance d’hivers plus doux que la moyenne climatique depuis 2012-2013 » Si ces projections sont loin d’être aussi précises que des prévisions à quelques jours ou une semaine, le degré de fiabilité de la météo saisonnière s’est nettement amélioré

et dépasserait aujourd’hui les 60 %.

Depuis combien de temps n’avons nous pas connu d’hiver réellement froid ? À cette question, le site Meteo Consult évoque une « prédominance d’hivers plus doux que la moyenne climatique depuis 2012-2013 qui fut le dernier hiver froid en France avec une anomalie significative de près de -1 °C à l’échelle de l’Hexagone ».

Nos hivers d’antan sont-ils désormais à jeter aux oubliettes ? « Si l’on observe l’évolution des températures hivernales, elle suit la même trajectoire que nos étés qui sont beaucoup plus chauds que la normale, explique le météorologue Guillaume Séchet.

On pourra donc avoir à l’avenir ponctuellement des hivers froids mais il ne faut plus s’attendre à connaître des hivers aussi rigoureux qu’au XXe siècle ».

Le site Meteo Consult est d’ailleurs remonté dans le temps pour retrouver les indicateurs thermiques de nos hivers depuis 1935 à l’échelle de l’Hexagone.

Il en ressort que « la moyenne décennale des températures des hivers était de 3,9 °C jusqu’en 1948, de 4,6 °C jusqu’en 1958, de 4,4 °C jusqu’en 1968, de 5,4 °C jusqu’en 1978, de 5 °C jusqu’en 1988, de 5,7 °C jusqu’en 1998 et 2008 puis… de 6,1°C (!) jusqu’en 2018 » .

Nos hivers se sont donc réchauffés en moyenne de 2 °C en France.

« Risque hivernal plus marqué » aux premiers jours de 2023 On en oublierait presque à quoi pourrait ressembler un « hiver normal ».

La Chaîne Météo nous en donne une petite idée en détaillant ses prévisions saisonnières pour les mois de décembre et janvier.

Le mois prochain devrait ainsi être marqué par des « températures proches des normales avec des phénomènes de basses couches et d’inversion ».

En d’autres termes, du froid et du brouillard dans les plaines et les vallées.

Quant au mois de janvier, réputé le plus froid de l’année en France, Météo Consult évoque un « risque hivernal plus marqué » aux premiers jours de 2023.

« Dans un flux d’ouest, détaille la Chaîne Météo, les perturbations pourraient enfin balayer la France et une bonne partie de l’Europe de l’Ouest.

Cette reprise d’un temps perturbé pourrait donner des cumuls pluviométriques supérieurs aux moyennes de saison de l’ordre de + 10 % à + 30 %, avec de la neige en moyenne montagne ».

Ce qui serait une bonne nouvelle à plus d’un titre.

« Le retour prévu des précipitations actives, surtout en janvier, permettrait un remplissage des nappes phréatiques, qui restent déficitaires sur notre pays et peinent à remonter, souligne le météorologue Régis Crépet.

Les précipitations, à ce jour, sont restées insuffisantes pour enrayer la sécheresse qui perdure depuis le printemps dernier ».

Les amateurs de « sports d’hiver » auront aussi de quoi se réjouir du retour annoncé de la poudreuse sur les massifs, souvent remplacée ces dernières années par… la pluie.

« Nos massifs pourraient retrouver un enneigement significatif, ce qui contrasterait avec l’hiver dernier, explique Régis Crépet.

Il avait été très sec et le déficit (de précipitations) avait atteint -25 % entre le 1er décembre et le 28 février 2022 » .

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Crédit photo : Capture d’écran

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