Covid-19 : les laboratoires stoppent la transmission des résultats des tests, le suivi de l’épidémie perturbé

Des laboratoires refusent de transmettre les données issues de l’évolution de l’épidémie de Covid-19 aux autorités sanitaires.

En cause ? Le gouvernement prévoit de leur imposer, par le biais du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS), une ponction de 250 millions d’euros.

Depuis jeudi 27 octobre, la transmission des résultats des tests de dépistage du Covid-19 par les laboratoires de biologie médicale à la plateforme SI-Dep sont en suspens.

En cause ? De nombreux biologistes dénoncent le prélèvement de 250 millions d’euros par an sur le budget des laboratoires.

En effet, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS), le gouvernement prévoit « une baisse des tarifs par arrêté » à défaut d’un « accord présentant des économies significatives » avant le 1er février, à hauteur « d’au moins 250 millions ».

En clair, les laboratoires d’analyses médicales devront débourser 250 millions d’euros sur les tarifs de la biologie médicale courante.

Une mesure qui entraîne depuis quelques jours, un bras de fer entre l’exécutif et les biologistes.

Suspension des transmissions des données de l’épidémie : un suivi fortement perturbé
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a annoncé dans un communiqué publié le 3 novembre que « suite aux perturbations sur la transmission des résultats des tests par certains laboratoires, les remontées des tests RT-PCR dans SI-DEP sont incomplètes ».

Ainsi, elle « ne mettra pas à jour cette semaine la datavisualisation présentant les volumes et les délais des tests de dépistage du Covid-19 « .

Cependant, cette suspension n’impactera pas les patients qui attendent leur résultats.

Seul le suivi de l’épidémie sera perturbé : « Nous avons fait le choix de continuer à travailler pour la santé des Français mais nous montrons notre mécontentement face au PLFSS « , expliquait François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes à BFMTV le 26 octobre dernier.

Vers une grève des biologistes ?
Face à cette situation, de nombreux biologistes sont vent debout.

« D’accord pour une contribution exceptionnelle, mais pas pour un rabot totalement aveugle », résumait le 26 octobre dernier Alain Le Meur, président de l’Alliance pour la biologie médicale, dans les colonnes de Ouest-France.

Ce dernier assurait également que les biologistes sont « capables d’aller jusqu’à une grève si le gouvernement ne les comprend pas ».

Face aux tensions, le directeur de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), Thomas Fatôme, a appelé « les laboratoires à la responsabilité « , dans une interview accordée au Parisien le 3 novembre.

Source
Crédit photo : Capture d’écran

%d blogueurs aiment cette page :