Maltraitance animale : un service de 15 policiers et gendarmes spécialisés va être créé

Cette équipe va devoir s’occuper des milliers de cas de sévices et abandons infligés aux animaux, qui ne cessent d’augmenter en France.

Les chiffres font froid dans le dos et ils ne reflètent qu’une partie du problème.

Les sévices infligés aux animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité, ne cessent d’augmenter en France.

Le ministère de l’Intérieur en a recensé pas moins de 12 000 en 2021, contre à peine 10 000 en 2016 (soit 30 % de plus en cinq ans).

Pour lutter contre ce phénomène, Gérald Darmanin a annoncé, ce vendredi 28 octobre 2022, la création d’une division d’enquêteurs chargée spécifiquement de la maltraitance animale.

« Composée de 15 policiers et gendarmes spécialisés, cette équipe sera rattachée à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique », indique le ministre.

C’est une première dans l’histoire des forces de l’ordre.

Gérald DarmaninMinistre de l’Intérieur

Pour le moment, la répartition territoriale, les missions exactes qui seront confiées, ainsi que le rayon d’action n’ont pas été détaillées.

Chaque année depuis 2016, les atteintes et abandons visant les animaux croissent de 5 %.
Avec des années 2020 et 2021 (et les confinements successifs) tristement records.

Chaque jour, des dizaines d’animaux sont victimes de cruauté et souvent dans le silence le plus total.

Comme le souligne le ministère, « les infractions visant les animaux sont majoritairement commises dans les zones rurales, en raison de la prise en compte des animaux d’élevage peu présents en zone urbaine ».

Des chiffres sûrement sous-estimés
Mais surtout, les chiffres des autorités sont sûrement sous-estimés.

En effet, les faits remontés concernent uniquement ceux qui ont été judiciairement pris en compte.

Pour l’association Action Protection Animale, « un grand nombre de dossiers ne passent pas par la voie judiciaire et sont réglés hors procédure ».

Parfois, les associations ne savent pas bien comment traiter ces cas, mais parfois aussi, les autorités judiciaires, peu sensibles et pas formées à ces cas particuliers, refusent d’intervenir, de prendre les plaintes, ou encore favorisent elles-mêmes des négociations hors procédure afin d’éviter la paperasse.

Anne-Claire Chauvancy
Présidente d’Action Protection Animale
L’association s’interroge sur « le bien fondé de cette nouvelle cellule, composée de seulement 15 personnes sur toute la France », et pense qu’elle sera inadaptée au problème.

A l’inverse, l’association Stéphane Lamart « se réjouit de cette initiative ».

Toutefois, les magistrats référents à la protection animale doivent être, eux aussi, formés juridiquement et correctement au droit animalier, afin d’éviter de trop nombreux classements sans suite des affaires pourtant avérées de maltraitance animale.

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Crédit photo : Capture d’écran

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