Oui, le gouvernement prévoit bien de supprimer 14.000 places d’hébergement d’urgence d’ici à 2023

Ces suppressions sont justifiées par le gouvernement par la sortie de la crise sanitaire

Selon de nombreux internautes, 14.000 places d’hébergement d’urgence devraient être supprimées en 2023.

Ces suppressions auront bien lieu puisqu’elles sont prévues dans le projet de Loi de finances 2023 présenté par le gouvernement le 26 septembre dernier.

Associations et élus s’inquiètent de cette décision dans un contexte très sensible avec la crise économique que traverse le pays.

« 14.000 places supprimées d’ici l’année prochaine. »

Depuis plusieurs jours, des internautes alertent sur la suppression de places d’hébergement d’urgence qui seraient prévues par le gouvernement.

En cause, le projet de Loi de Finances 2023 qui projetterait de réduire ces disponibilités à court terme.

Un non-sens pour certains, une promesse de 2017 d’Emmanuel Macron trahie, ou un mensonge pour d’autres.

De nombreuses associations tirent la sonnette d’alarme à ce sujet, mettant en avant le nombre de d’enfants qui dorment dans la rue, près de 2.000 à la mi-octobre dans l’Hexagone.

Si le gouvernement assure qu’il n’y a jamais eu autant de places d’hébergement d’urgence en France, ces 14.000 places d’hébergement d’urgence vont bien disparaître, en tout cas à court terme.

20 Minutes fait le point.

Si Olivier Klein, le ministre du Logement se targue d’avoir atteint les 200.000 places, « un chiffre sans précédent », au plus fort de la crise, dans son projet de budget, présenté le 26 septembre dernier, le gouvernement prévoit de financer 186.000 places d’hébergement d’urgence fin 2023, contre 193.000 fin 2022.

Confirmant ainsi la suppression de 14.000 places.

Dans le dossier de presse du projet de loi de finances, l’exécutif assume une « réduction des capacités », justifiée par la sortie de la crise en soulignant qu’en 2020, le « niveau exceptionnel » de 200.000 places s’expliquait par cette crise sanitaire.

Les hôtels reprennent leurs activités commerciales
Parmi les 40.000 ouvertures effectuées depuis le début de la pandémie de Covid-19, une grande partie reposait sur les hôtels.

Privés de clientèle, ils étaient indemnisés par l’Etat pour accueillir les personnes dans le besoin.

Un dispositif déjà existant en période hivernale mais qui avait été pérennisé au plus fort du Covid-19.

Mais la situation a évolué et ces hôtels aspiraient à reprendre leur activité commerciale, plus lucrative.

Aussi, le gouvernement a commencé à informer certains bénéficiaires de ces logements que les vannes allaient être coupées, et qu’il leur revenait de choisir entre débarrasser les lieux ou régler eux-mêmes les nuitées à venir, comme le rapportent nos confrères de Rue89 Bordeaux.

Une « hausse apparente qui cache un recul »
Si le gouvernement se veut rassurant en augmentant le programme « hébergement, parcours vers le logement et insertion des personnes vulnérables » de 100 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2022, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), dans un communiqué, dénonce une « hausse apparente » qui « cache un recul ».

 

Selon cette structure qui regroupe des centaines d’associations luttant contre la grande exclusion, les hausses de salaires accordées dans le cadre du « Ségur de la santé » étendu au secteur médico-social nécessiteront à elles seules 148 millions d’euros de crédits supplémentaires, si bien qu’avec un budget en hausse de 100 millions, les sommes disponibles pour financer des places d’hébergement seront « en baisse ».

Des accueils déjà surchargés
Cette suppression intervient dans contexte très sensible, le contexte économique durement frappé par l’inflation, fait craindre une augmentation de personnes dans le besoin, face à des services comme le « 115 », déjà surchargé et contraint à rejeter les demandes de beaucoup de familles.

Pour tenter de répondre à ces besoins, la Nupes a déposé un amendement visant à revenir sur ces suppressions.

Contacté par 20 Minutes, le ministère du Logement n’a pas souhaité faire de commentaires et annonce qu’une communication sur le sujet sera diffusée dans les jours à venir.

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Crédit photo : Capture d’écran

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