Inflation dans les supermarchés : les caissiers se prennent «toutes sortes de remarques»

Dans les supermarchés , les prix n’en finissent pas de grimper. Ils ont augmenté de près de 10% en un an.

Celui de l’huile de tournesol, par exemple, a même plus que doublé.

Et qui mieux que les caissiers peut voir à quel point cela pèse sur le porte-monnaie et le moral des Français ? Le prix des produits alimentaires s’est envolé en un an.

Ils ont augmenté de près de 10%, selon une étude du cabinet d’analyses IRI France de septembre 2022.

Les caissiers et caissières sont souvent en première ligne pour recueillir, malgré eux, les plaintes ou les remarques des clients.

Souvent désemparés face à leurs questions, cette situation est parfois pénible pour eux.

Des plaintes de clients « tous les jours »
« Les boîtes de pâtée pour chiens étaient à 5 euros, maintenant elles sont passées à 6 euros ! » s’exclame une cliente au budget « très serré » à l’une des caisses de l’Intermarché d’Oberhausbergen, à côté de Strasbourg.

De l’autre côté du tapis roulant, Agnès, caissière ici depuis onze ans, hoche la tête en soupirant.

Des remarques comme celle-ci, « on en a tous les jours », confirme-t-elle.

« Des personnes qui nous disent ‘la semaine dernière, tel produit était à tel prix et aujourd’hui il a augmenté ‘, c’est très régulier », poursuit-elle.

« On leur explique qu’on ne peut rien y faire, que c’est comme cela…

Mais on a droit à toutes sortes de remarque, en caisse ! » lâche-t-elle dans un rire. Une situation parfois « pesante » alors que l’inflation ne cesse d’augmenter.

« La guerre en Ukraine a bon dos ! »
De nombreux clients d’Agnès lui parlent aussi politique, ou géopolitique pendant qu’elle scanne leurs articles.

« Les prix augmentent, mais pas les salaires ! », remarque sarcastiquement un retraité qui a sélectionné quelques promotions en rayon.

« Et tout cela à cause de l’Ukraine , peut-être ? » lance-t-il, dubitatif, à la caissière.

« Je ne sais pas… », murmure Agnès.

« Je ne pense pas que tout soit à cause de cela non », avance-t-elle. Ce genre de remarque, elle en entend également bien souvent.

« Beaucoup de clients pensent que la guerre a bon dos et qu’on nous prend pour des imbéciles », assure-t-elle.

« On ne fait plus qu’un repas par jour »
Malgré des clients de plus en plus « énervés », voire « hargneux » à cause de l’inflation, Agnès aime toujours son travail.

« Le contact avec la clientèle, j’adore cela, j’en ai besoin, aussi », sourit-elle. L’une de ses clientes habituelles arrive en caisse avec quelques articles.

« Regardez les petits légumes que j’achète… », montre-t-elle à Agnès avec un sourire triste.

« On partage une pomme pour deux avec mon mari, alors que j’ai travaillé toute ma vie », soupire cette jeune retraitée.

« Vous vous rendez compte qu’on ne fait plus qu’un repas par jour ? ».

Là encore, Agnès, un peu désemparée, a du mal à trouver les mots.

« C’est sûr, ce n’est pas évident », bredouille-t-elle d’un ton réconfortant.

Forcément, face à ce type de clients, ce n’est pas de l’agacement, mais bien souvent de la compassion qu’elle ressent pour eux.

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Crédit photo : capture d’écran

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