Seine-et-Marne : Une lycéenne autiste a enfin le droit d’aller à l’école avec son chien d’assistance

 

C’est une première en Seine‑et‑Marne : Un soulagement pour Fanny dont la famille a bataillé avec l’administration pendant deux ans, mais aussi une bonne nouvelle pour d’autres jeunes atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA).

 

C’est une décision qui change la vie de Fanny et qui pourrait en annoncer bien d’autres en faveur des personnes accompagnées de chiens d’assistance. Cette lycéenne autiste de Seine-et-Marne a officiellement obtenu le droit d’entrer en cours avec Loustic, canidé spécialement formé pour l’aider et prévenir ses crises.

Depuis le début de l’année scolaire, le lycée Van Dongen à Lagny-sur-Marne accueille un élève un peu particulier. Répondant au nom de Loustic, ce berger polonais des plaines n’est pas un chien comme les autres. Il vient en aide à l’une des élèves de terminale, Fanny, atteinte de troubles du spectre de l’autisme (TSA). Et il est le premier chien d’assistance autorisé dans un lycée de Seine-et-Marne.

 

Une bataille administrative

Le combat a été long pour que Loustic puisse accompagner Fanny pendant ses cours. « Ça a été deux ans de bataille », expliquent ses parents, Olivier et Sophie.

Fanny et sa famille étaient les premiers à faire une telle demande en Seine-et-Marne. « Depuis la création de la MDPH77 (Maison départementale des personnes handicapées) en 2005, c’est la première fois que nous étions sollicités en ce sens », confirme Armelle Rousselot, directrice de la MDPH.

 

 

Grande victoire pour Fanny

La directrice se félicite d’ailleurs de l’impact positif qu’a le canidé spécialement formé sur Fanny, qui s’absente beaucoup moins, est « plus épanouie » et « a retrouvé le sourire ». Un changement que l’entourage de la lycéenne, ses parents Olivier et Sophie et ses amies notamment, a également constaté.

L’accompagnement de Loustic est extrêmement précieux pour Fanny. Il ne fait pas que la réconforter dans les moments où son moral n’est pas au beau fixe. Il est pour elle d’une véritable aide médicale, puisqu’il détecte ses crises avant même leur survenue et la prévient en grognant. Et lorsque l’épisode se déclenche, il se couche sur ses jambes afin de « réduire la pression sanguine et le rythme cardiaque » de sa maîtresse, comme il a appris à le faire durant sa formation de chien d’assistance.

Loustic répond aussi présent quand Fanny a besoin d’aide pour se vêtir, récupérer un objet tomber ou se redresser en cas de chute. Il veille également à ce qu’elle ne se mette pas en danger quand elle est sujette à des troubles visuels alors qu’elle doit traverser la rue, par exemple.

Les parents de la lycéenne espèrent que cette décision contribuera à mettre fin à ce problème qu’est « la méconnaissance autour du rôle des chiens d’assistance pour les troubles autistiques ». Ils encouragent les familles concernées à effectuer les démarches et à aller de l’avant malgré les obstacles. « Plus il y en a, plus on en parlera », concluent-ils.
Un ange gardien à 4 pattes

Pour elle, Loustic est un peu son ange gardien à quatre pattes. Elle l’a eu peu de temps après les premiers diagnostiques.

Fanny a 14 ans quand les médecins mettent un nom sur ses troubles. Elle présente les symptômes d’un léger TSA et d’un TDAH (Trouble déficit de l’attention/hyperactivité). Parallèlement, elle déclare deux syndromes qui lui créent des douleurs physiques et l’obligent à vivre en fauteuil.

 

En tant que chien d’assistance, Loustic doit même savoir prendre des décisions à sa place : « Mes symptômes font que je peux avoir des troubles sensoriels, de la vision par exemple. Il doit pouvoir m’empêcher de traverser si je n’ai pas vu un danger », poursuit la jeune fille.

Depuis, Loustic est devenu un compagnon de vie indispensable. Au quotidien, il l’aide à s’habiller, peut ramasser des objets, lui apporter le téléphone si elle tombe… En tout, il sait répondre à 200 commandes.
La famille ouvre la voie

Une nouvelle qui récompense les durs moments vécus par la famille : « Il ne faut pas hésiter. Le problème vient de la méconnaissance autour du rôle des chiens d’assistance pour les troubles autistiques. Plus il y en a, plus on en parlera », encouragent Sophie et Olivier.

Quelques mois après son arrivée, Loustic est en tout cas déjà populaire. « C’est un peu devenu une mascotte du lycée », résume Marie-Christine Berne.

 

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crédit photo: capture d’écran

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