La reine d’Angleterre, Elizabeth II, est morte à l’âge de 96 ans

Le Royaume-Uni pleure sa souveraine. La reine Elizabeth II vient de s’éteindre à l’âge de 96 ans. La souveraine s’est éteinte à Balmoral, en Ecosse, où elle séjournait pour quelques jours de congés. Peu avant cela, ses médecins avaient fait part de leur “préoccupation” concernant son état de santé. La reine avait annulé jeudi, une réunion en visio-conférence, sur les conseils de ses médecins.

15000 € à placer ? Les Résidences étudiantes vous rapporte jusqu’à 5,49 %
Sponsorisé
Actu – Épargne
15000 € à placer ? Les Résidences étudiantes vous rapporte jusqu’à 5,49 %
Ces derniers mois ont été éprouvants pour la monarque, largement absente de son jubilé de platine, en juin dernier, et dont la santé n’a cessé de décliner.

La première alerte remonte au 21 octobre 2021, lorsque la reine a dû être hospitalisée pour y subir des examens préliminaires, avant de regagner le château de Windsor “à l’heure du déjeuner”, avait précisé le communiqué de Buckingham. Cette annonce avait eu l’effet d’un tremblement de terre outre-Manche, où l’on est peu habitué à de telles hospitalisations, la souveraine ayant affiché jusqu’au bout une vitalité impressionnante pour son âge.

Malgré la mort, le 9 avril dernier, du prince Philip, son époux pendant 73 ans, elle a ainsi continué à honorer de nombreux engagements officiels de façon quotidienne. Quelques jours auparavant, la souveraine était apparue avec une canne, suscitant de nombreux commentaires dans la presse.

“Je déclare devant vous tous que toute ma vie, qu’elle soit longue ou courte, sera consacrée à votre service et au service de notre grande famille impériale à laquelle nous appartenons tous”, avait-elle promis aux Britanniques, le 21 avril 1952.

De fait, la reine ne s’est que très rarement dérobée à ses engagements officiels. Souffrante, elle avait dû annuler le 28 juin 2018 sa venue à la cathédrale Saint-Paul, où elle devait assister au 200ème anniversaire de l’Ordre de Saint Michel et Saint George. En 2016, également, la monarque avait, pour la première fois en trente ans, manqué la messe de Noël et celle du Nouvel an, alitée en raison d’un « rhume persistant », aux côtés de son époux, Philip Mountbatten.

Record de longévité sur le trône
Elizabeth II qui a battu le 9 septembre 2015 le record de longévité sur le trône de sa trisaïeule la reine Victoria, n’a pas toujours été cette petite vieille dame aux cheveux moutonnant et aux tailleurs colorés.

Née le 21 avril 1926, Elizabeth n’était pas destinée à régner. Même si Winston Churchill, qui la rencontre quand elle n’a que deux ans, lui trouve « un air autoritaire et une faculté de réflexion époustouflante pour un enfant ». Elle est certes troisième dans l’ordre de succession, mais elle ne serait sans doute jamais montée sur le trône si son oncle, le prince de Galles, devenu Edouard VIII, n’avait pas abdiqué pour les beaux yeux d’une Américaine divorcée, Wallis Simpson. En réalité, il a surtout été écarté de la couronne en raison de ses sympathies nazies.

Santé fragile
C’est donc le père d’Elizabeth, le timide Albert, qui monte sur le trône sous le nom de George VI. Affligé d’un défaut d’élocution, il est le « roi bègue » immortalisé notamment dans le film Le discours d’un roi. Mais George VI, monarque à la santé fragile, meurt brusquement le 6 février 1952, alors qu’Elizabeth est en voyage officiel au Kenya. La jeune femme, accède au trône le 6 février 1952. Elle est couronnée à 25 ans, le 2 juin 1953. Et devient en même temps souveraine du Commonwealth, qui compte 16 pays.

Elle est déjà mariée au prince Philip de Grèce, son cousin éloigné – ils sont tous deux descendants de la reine Victoria – qu’elle a épousé le 20 novembre 1947. Pendant la guerre, elle s’engage dans l’armée. Devenue second lieutenant, elle apprend la mécanique. C’est là aussi qu’elle attrape le virus de la conduite, qui ne la quittera pas. La petite histoire veut que le prince Abdallah d’Arabie saoudite ait connu la peur de sa vie alors que la reine lui faisait visiter le domaine de Balmoral en Ecosse au volant de sa Land Rover en 2003.

Le prince Charles, l’aîné de ses quatre enfants, naît en 1948. La reine met au monde Anne en 1950, puis Andrew en 1960 et Edward en 1964. Charles, prince de Galles est, dès sa naissance, destiné à succéder à la reine.

Au cours de son long règne, Elizabeth a côtoyé 14 Premiers ministres, de Winston Churchill à Boris Johnson, connu tous les présidents français de la cinquième République, et vécu tous les événements de la seconde moitié du XXe siècle, de la crise de Suez à la chute du mur de Berlin en passant par la guerre des Malouines. Mais elle a fait plus que vivre certains de ces événements historiques. Selon l’ex-Premier ministre canadien Brian Mulroney, la reine aurait eu « un grand rôle en coulisses » pour mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud.

C’est aussi la souveraine « au million de miles », comme l’a surnommée le Telegraph. Le quotidien britannique a comptabilisé ses visites officielles et ses voyages d’agrément, dans 117 pays du monde dont évidemment, les pays du Commonwealth, au cours de ses 69 ans sur le trône. En 1986, elle a été la première souveraine britannique à se rendre en Chine.

Chevaux et corgis
Moderne sans avoir vraiment anticipé la modernité, la reine Elizabeth II a envoyé son premier e-mail en 1976 depuis une base militaire, et son premier tweet en 2014, depuis le Science Museum. Son couronnement en 1953 a été retransmis à la télévision dans le monde entier. Son intérêt pour la télévision, elle le montre également en visitant de nombreux lieux de tournages, comme celui de Game of Thrones, ou, plus récemment, celui de la très britannique série Coronation Street.

D’elle on sait finalement peu de choses, tant elle a toujours appliqué à la lettre la devise très britannique: « Ne jamais expliquer, ne jamais se plaindre » (Never explain, never complain). On connaît son intérêt pour les courses équestres, elle a monté à cheval jusqu’à la fin de sa vie, et son amour immodéré pour les corgis. Elle en a possédé plus de trente au cours de son règne.

Annus horribilis
Emblématique de son pays, elle n’a en réalité eu de pouvoir que sur le papier. Chef des armées et de l’Eglise anglicane, elle aurait eu, en théorie, le pouvoir de s’opposer à des lois et de dissoudre le Parlement. Chose qu’elle n’a bien sûr jamais faite. Elizabeth II s’en est toujours tenue à la plus grande neutralité politique. Le Palais de Buckingham a même saisi l’instance de régulation de la presse après que le Sun a titré le 9 mars 2016: « La reine soutient le Brexit ».

Impartiale, elle n’en a pas moins toujours suivi de très près les affaires du pays, prenant connaissance chaque matin, tout au long de son règne, de notes, rapports et projets de loi des pays du Commonwealth. Chaque semaine, elle a rencontré le Premier ministre britannique pour discuter des affaires intérieures et internationales, maintenant le lien par téléphone, pendant le confinement. Un rendez-vous apprécié par les politiciens, comme David Cameron, qui expliquait en 2014 au Daily Mail que ce rendez-vous hebdomadaire l’aidait à « résoudre les problèmes ». Il ajoutait: « Elle a commencé avec Winston Churchill et elle a littéralement tout entendu ». Tony Blair assurait, lui, à un chroniqueur de Sky News, n’avoir jamais réussi à percer à jour les opinions politiques de la reine. « Elle doit en avoir, tout le monde en a, même ceux qui pensent ne pas en avoir. Mais se mêler d’un tel sujet, ce n’est pas tout simplement pas dans son ADN ».

Intouchable, au propre comme au figuré, la reine a toujours été un personnage assez énigmatique. Elle n’est sortie de sa légendaire réserve que pour qualifier l’année 1992 d' »annus horribilis ». « 1992 n’est pas une année sur laquelle je me retournerai avec un grand plaisir », a-t-elle même affirmé dans un doux euphémisme. Et pour cause: en mars, Andrew et Sarah Ferguson se séparent, en avril, sa fille Anne divorce de son époux Mark Phillips et en novembre, le château de Windsor est frappé par un incendie. C’est aussi l’année de la séparation de Charles et Diana. La reine n’était pourtant pas au bout de ses peines.

Thèse du complot
Lorsque Diana meurt le 31 août 1997, tous les drapeaux des institutions sont mis en berne, à l’exception de ceux de Buckingham Palace. La reine, alors à Balmoral, refuse de rentrer à Londres malgré la demande du peuple. Une réaction qui fait chuter sa cote de popularité (53% des Britanniques souhaitent alors qu’elle abdique sur le champ). Ils lui reprochent alors sa froideur. La biographe Ingrid Seward a récemment révélé qu’Elizabeth II avait immédiatement pensé à la thèse du complot en apprenant l’accident. Ses premiers mots – surprenants – ont été: « Quelqu’un a dû graisser ses freins ».

Le 21 avril 2016, elle avait célébré ses 90 ans. Bon pied bon œil et au sommet de sa popularité. Cette fête suivait d’autres grandes célébrations pour les Anglais: le jubilé de diamant en 2012 et les jeux olympiques la même année, où Elizabeth II était apparue, très en forme, au bras de Daniel Craig, dernier James Bond en date.

Le jubilé de platine de la reine, début juin 2022, a été le dernier grand rendez-vous de la reine avec les Britanniques. Pendant quatre jours, dans tout le pays, les Britanniques ont célébré leur souveraine, qui n’est apparue que deux fois au balcon de Buckingham. Une foule compacte s’est pressée le dimanche 5 juin 2022, au dernier jour des célébrations, pour acclamer la reine.

Les Britanniques doivent maintenant se préparer à l’après Elizabeth II. Charles, qui attend depuis plus de 60 ans son tour.

Source
Crédit photo : Capture d’écran

%d blogueurs aiment cette page :