Rentrée scolaire 2022 à Paris : « La priorité va aux écoles maternelles, afin de lutter contre les déterminismes sociaux », affirme le recteur

L’académie de Paris prépare la rentrée, qui a lieu jeudi, et présente ses projets pour la nouvelle année scolaire

A trois jours de la rentrée scolaire, ce jeudi, l’académie de Paris fait le point sur la situation de ses écoles, collèges et lycées.

Désormais « la priorité va aux écoles maternelles, afin de lutter contre les déterminismes sociaux », explique Christophe Kerrero, recteur de la région académique d’Ile-de-France.

Le rectorat cherche à développer plusieurs projets innovants pour faire évoluer sa pédagogie, à un moment où « l’école de la République n’est plus à la hauteur » selon Emmanuel Macron.

Une attention particulière est également portée aux classes du secondaire, où la pénurie de professeurs se fait particulièrement ressentir.

Un millier de contractuels ont été recrutés pour enseigner dans des collèges et des lycées d’Ile-de-France.

Des innovations
A l’académie de Paris, la rentrée 2022 rime avec innovation.

Le rectorat répond à l’appel du ministre de l’Education, jeudi dernier, à lancer des projets innovants.

Pour les élèves du premier degré, l’ambition du rectorat est de créer « l’école Montessori du XXIe siècle ».

Son projet « Cap maternelle » vise à mettre à profit les travaux des chercheurs qui travaillent sur la plasticité cérébrale des enfants pour faire évoluer la pédagogie.

Cinq établissements de la capitale se sont portés volontaires pour expérimenter de nouvelles pratiques pédagogiques.

Dans le supérieur, le rectorat ouvre une voie professionnelle d’excellence.

« Il s’agit de montrer que c’est une voie des possibles, et aussi une voie d’excellence », affirme Christophe Kerrero.

La voie professionnelle connaît un regain d’attractivité avec 380 élèves supplémentaires pour la rentrée 2022.

Plus de mixité sociale au lycée
« On ne peut pas se contenter d’entendre à chaque rentrée scolaire que l’académie de Paris est la plus ségréguée de France », déclare le recteur de la région académique d’ Ile-de-France.

En 2020, l’indice de ségrégation sociale des lycées parisiens était 1,2 fois plus élevé que la moyenne nationale, et l’indice de ségrégation scolaire 4,8 fois supérieur.

Pour y remédier, l’académie a mis en place la réforme de l’affectation en classe de seconde générale et technologique.

« Des résultats en ce sens se confirment », avance Christophe Kerrero.

« On voit que les familles demandent des lycées auprès desquels elles n’auraient pas postulé avant », complète Claire Mazeron, directrice académique des services de l’Éducation nationale (DASEN).

Les candidatures d’élèves à l’indice de position sociale faible ont augmenté de 87 % pour le lycée Henri IV, et de 72 % à Louis Le Grand.

Les lycées dits d’excellence (Henri IV, Louis le Grand, Voltaire et Paul Valéry notamment) sont les premiers visés par cette réforme.

Le taux de boursiers est aussi en progression dans ces lycées, il est désormais de 16,3 % à Henri IV et de 25,6 % à Louis le Grand.

L’enseignement en manque d’attractivité

« Le premier problème qu’on rencontre dans l’accueil des élèves en situation de handicap, c’est d’avoir assez de candidats pour le poste d’AESH », affirme Antoine Destrès, directeur de l’académie de Paris.

Le rectorat peine à recruter des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).

Conscient du manque d’attractivité de la profession, il affirme que « plusieurs leviers sont actionnés pour motiver les candidatures ».

Coupler l’activité des AESH avec celle des animateurs du temps périscolaire est notamment envisagé.

Le concours de professeurs n’a pas plus de succès.

En pleine pénurie de professeurs, l’académie n’a pas pu piocher dans la liste complémentaire du concours de recrutement des professeurs.

« Le nombre de candidats était trop faible, il n’y a pas eu de liste complémentaire cette année », explique le directeur de l’académie.

Il rappelle cependant qu’aucun poste de professeur n’a été supprimé tandis que la démographie scolaire diminue considérablement.

A la rentrée 2021, les classes comptaient 6.500 élèves de moins que l’année précédente.

Cette année, elles connaîtront encore une baisse de 3.500 élèves.

Plus d’un millier de contractuels recrutés

La semaine dernière, le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye a promis « un professeur devant chaque classe », à la rentrée.

Pour tenir cette promesse, le rectorat de Paris a recruté 207 contractuels pour les classes du premier degré, et un millier dans le secondaire.

« Un tiers de ces personnes ont déjà enseigné et ont reçu des avis positifs des inspecteurs, explique Christophe Kerrero. Ceux-là ont été affectés dans des classes. »

 

Pour ceux qui, au contraire, viennent d’être recrutés, un programme « cousu main a été établi en fonction de leur parcours », ajoute-t-il.

Certains seront amenés à faire des remplacements sur de longues périodes, d’autres seront accompagnés et formés par d’autres professeurs.

« Dans quelques disciplines, on risque de manquer de profs au cours de l’année », concède le recteur de l’académie, citant notamment la matière d’écogestion.

Le rectorat se veut néanmoins rassurant, et soutient que le manque de professeurs ne se fera pas ressentir davantage que les années précédentes.

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Crédit photo : Capture d’écran

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