Rentrée : Pour tenir leur budget, certains de nos lecteurs étudiants « ne mangent pas à tous les repas »

Une étude publiée par l’Unef lundi place Paris en tête du classement des villes les plus chères pour les étudiants

Paris domine largement le classement des villes les plus chères pour les étudiants, selon une étude de l’Union nationale des étudiants de France (Unef) publiée lundi 22 août.

Vivre dans la capitale nécessite un budget moyen de 1.332,52 euros par étudiant, estime le syndicat étudiant.

Parmi nos lecteurs, des étudiants d’Ile-de-France racontent les difficultés financières qu’ils rencontrent.

« Un Smic ne suffit pas à vivre correctement pour un étudiant francilien », s’alarme Samya Mokhtar, vice-présidente de l’Union nationale des étudiants de France (Unef).

Paris domine largement le classement des villes les plus chères pour les étudiants, avec un budget moyen de 1.332,52 euros par étudiant, selon une étude publiée par le syndicat étudiant lundi 22 août.

Un montant qui constitue « le reste à charge de l’étudiant, une fois qu’on a enlevé toutes les aides auxquelles il a droit. Cela prend en compte le loyer et les transports », explique-t-elle.

Derrière Paris, sept villes d’Ile-de-France (Nanterre, Saint-Denis, Créteil, Orsay, Guyancourt, Cergy et Champ sur Marne) font aussi partie des dix premières villes les plus chères.

« Je ne fais plus qu’un repas par jour, raconte Julien, un étudiant en deuxième année de master qui a répondu à notre appel à témoignage.

Cela me permet de réduire mon budget alimentation. »

« J’évite de manger à tous les repas »
« Je fais les distributions alimentaires de Linkee, j’évite de manger à tous les repas, et je n’allume jamais les lumières, je fais plusieurs supermarchés pour acheter toujours le moins cher », liste nonchalamment Nathan.

Pour pouvoir étudier à la Sorbonne Nouvelle, l’étudiant loue un 13 mètres carrés sur Paris.

« L’année dernière, j’étudiais à Tours, détaille-t-il. Déménager dans la capitale a été un grand choc pour mes finances.

Le prix de mon loyer a doublé. »

Le loyer moyen d’un étudiant est de 563 euros, et de 862 à Paris, selon l’étude de l’Unef.

« On ne peut même pas dire que le coût de la vie freine les jeunes à venir étudier à Paris, explique la vice-présidente de l’Unef.

Il faut avoir en tête qu’avec la sélection à l’université, les étudiants prennent ce qu’ils ont même si cela entraîne des coûts supplémentaires.

Entre vivre dans une situation de misère et ne pas faire d’études, beaucoup prennent la première option. »

Nathan ne touche que 100 euros de bourse et ses parents l’aident peu.

Pour subvenir à ses besoins, il travaille tous les dimanches dans un musée.

40 % d’étudiants salariés
« Dire à ses amis “Désolé je ne peux pas je n’ai pas d’argent, je ne peux pas sortir” à longueur de temps, c’est pesant ! » raconte Romain.

Actuellement en master, le jeune homme a presque toujours été étudiant salarié « pour pouvoir vivre à Paris ».

« Avec mon copain, nous en sommes au point de faire des courses qu’en dernier recours, explique-t-il.

On vit tous les mois dans la pression du découvert rien que pour se nourrir. »

« Pendant les vacances, je travaille pour mettre de côté.

Je profite aussi des jours fériés pour travailler car on est payé plus, confie Julien, étudiant à l’Université de Paris.

A un moment, je cumulais deux jobs étudiants mais je n’arrivais plus à suivre, j’ai failli redoubler mon année ».

Une situation récurrente car « être salarié à côté de ses études constitue la première cause d’échec à l’université », affirme Samya Mokhtar.

D’après les études réalisées par l’Unef, 40 % des étudiants français travaillent en parallèle de leurs cours.

« Les prix augmentent sans cesse »

« Tout a augmenté », constate Nina. Elle se trouve contrainte à calculer minutieusement le prix de chaque repas.

« J‘achète davantage des légumes en conserve ou surgelés car ils sont moins chers.

Presque tous les jours je mange des pâtes : pas parce que je le veux, mais parce que je suis obligée. »

Elle songe aux Restos du cœur, mais ne se voit « pas y aller, car certains étudiants en ont plus besoin. »

L’inflation complique aussi la donne pour Romain.

« Jusqu’ici j’étais indépendant mais, récemment, j’ai dû demander à mes parents de m’aider, explique-t-il. Les prix augmentent sans cesse. »

En réponse à l’inflation, « la bourse va être revalorisée de 4 %, ce qui représente 4 euros pour ceux qui touchent l’échelon minimum et 23 euros l’échelon maximum.

Mais le coût de la vie a augmenté de 35 euros par mois, on est largement en dessous », regrette Samya Mokhtar. La prime de rentrée ne convainc pas plus.

« Une prime de 100 euros représente un apport de 8 euros par mois », ajoute la vice-présidente de l’Unef, jugeant la réponse du gouvernement insuffisante.

Pour pouvoir continuer à se faire plaisir, les étudiants redoublent d’astuces.

« Quand j‘ai envie de profiter un peu, j‘opte pour des paniers anti gaspi, via la plateforme Too good to go qui propose des invendus des supermarchés, boulangeries, restaurants à prix réduits », confie Nina.

« Ce qui est bien aussi, c’est de faire les courses au jour le jour, conseille Julien.

Les supermarchés font des promotions sur les articles qui périment le jour même, pour ne pas avoir à les jeter.

J’arrive à avoir 30 % de réduction sur la note finale. »

Marine, de son côté, « privilégie les soirées à la maison avec des amis plutôt que de sortir tout le temps dans des bars. »

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Crédit photo : Capture d’écran

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