Incendies : Au cœur de l’été, le gouvernement mobilisé face aux feux et aux critiques

Face aux critiques de l’opposition sur le manque de moyens et d’effectif pour contrôler les incendies, le gouvernement s’efforce de montrer qu’il est sur le pont

Depuis le début de l’été, la France est frappé par les incendies, avec plus de 40.000 hectares déjà brûlés selon la sécurité civile.

Ce jeudi, Elisabeth Borne et Gérald Darmanin étaient en déplacement ce jeudi en Gironde, où d’importants feux ont repris.
Malgré les critiques de l’opposition, le gouvernement veut montrer qu’il est pleinement « mobilisé ».

L’exécutif à l’épreuve du feu. Depuis le début de l’été, le territoire français s’embrase. Plus de 40.000 hectares ont déjà brûlé cette année selon la sécurité civile, et même 50.000 selon des données satellitaires européennes.

C’est trois fois la moyenne annuelle des dix dernières années.

D’importants feux ont repris ce mardi en Gironde et dans les Landes, brûlant 7.400 ha de surfaces et entraînant l’évacuation de 10.000 personnes.

Elisabeth Borne était ce jeudi sur le front des incendies avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Critiqué sur le manque de moyens pour contrôler et stopper les feux, le gouvernement souhaite montrer sa « totale » mobilisation.

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« Il faut agir sur tous les plans, c’est tout le gouvernement qui est mobilisé »
La Première ministre était donc sur le terrain, ce jeudi, à Hostens (Gironde) pour défendre les plus de 1000 sapeurs-pompiers et le dispositif aérien déployés contre les flammes.

« Quand le président de la République est venu ici en juillet, on avait 2 hélicoptères bombardiers d’eau, nous en avons neuf aujourd’hui, et nous serons à onze en fin de semaine.

Donc je peux vous l’assurer, on n’a jamais mobilisé autant de moyens aériens pour lutter contre l’incendie », a assuré Elisabeth Borne devant les caméras de télévision.

Gérald Darmanin lançait un peu plus tôt un « appel aux entreprises et employeurs publics» pour permettre aux salariés sapeurs-pompiers volontaires de rejoindre « au plus vite leurs casernes ».

Depuis le fort de Brégançon, Emmanuel Macron a de son côté remercié dans un tweet la «solidarité européenne», alors que 361 pompiers européens et plusieurs engins s’acheminaient vers le sud-ouest de la France.

Une manière de montrer que jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, et malgré les vacances, l’ensemble de l’exécutif est sur le pont.

« Il faut agir sur tous les plans, c’est tout le gouvernement qui est mobilisé », a ajouté jeudi la cheffe du gouvernement.

L’été, une période souvent jalonnée de polémiques
Cette activité n’est pas anodine car, de l’affaire Benalla aux homards de François de Rugy, la période estivale a rarement porté chance aux macronistes.

L’exécutif, qui veut s’éviter une nouvelle controverse au cœur de l’été, voit depuis plusieurs semaines l’opposition pointer sa responsabilité dans la crise.

« Manque de moyens, manque d’effectifs, les pompiers sont exténués et se battent contre le feu avec le peu qu’ils ont… Gérald Darmanin, il faut impérativement revaloriser leur statut et réintégrer les non-vaccinés ! », a notamment tweeté jeudi la députée RN des Bouches-Du-Rhône Gisèle Lelouis.

La semaine passée, un rapport sénatorial dévoilait 70 propositions dont un net renfort de moyens matériels et humains, pour éviter l’embrasement des forêts.

Les sénateurs préconisent notamment de revenir sur les 500 suppressions de postes prévues d’ici à 2025 à l’Office national des forêts.

« Le gouvernement a démantelé l’ONF, qui possède pourtant une vraie expertise sur nos forêts en train de mourir.

Mais c’est toute la chaîne de service public qui est affaibli, puisque les pompiers qui sont sous la responsabilité de collectivités ont vu leurs ressources réduites », déplore David Cormand, eurodéputé EELV.

L’opposition dénonce « l’inaction climatique » du gouvernement
L’écologiste, comme d’autres membres de l’opposition, y voit aussi un résultat de « l’inaction » du gouvernement en matière climatique.

« Il y a une raison plus structurelle à la multiplication de ces incendies, qui vont devenir la norme. Une simple étincelle provoque désormais des feux énormes en raison de la sécheresse, un des symptômes de l’effondrement climatique.

Or en matière de lutte écologique, le gouvernement n’a rien acté de nouveau », déplore l’ancien patron des Verts.

En visite dans le Maine-et-Loire, également touché par les feux, Christophe Béchu a indiqué mercredi qu’« il y aura un avant et un après l’été 2022 ».

Le ministre de la Transition écologique assure que l’approche de la gestion de l’eau et des forêts devra être repensée, renvoyant au plan national d’adaptation au changement climatique mis en concertation en septembre.

Par ailleurs, Elisabeth Borne a confirmé jeudi un renforcement des moyens de la sécurité civile, prévue dans la loi de programmation présenté par Gérald Darmanin à la rentrée.

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Crédit photo : capture d’écran

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