Sécurité routière : ce qui change à partir du 6 juillet

 

Ces nouveaux modèles se doivent d’informer les conducteurs de la limite de vitesse qui prévaut sur la route sur laquelle ils se trouvent, que ces limites soient affichées de façon explicite sur un panneau de signalisation ou implicites comme par exemple rouler à 50km/h dans une ville ou à 110km/h sur l’autoroute quand il pleut. Une semaine avant la mise en place de cette nouvelle règlementation, faisons un point sur le débat autour d’AIV et sur sa contribution à réduire le nombre d’accidents sur nos routes.

 

L’impact d’AIV sur la sécurité routière

Selon la banque mondiale[1], les excès de vitesse sont la première cause de décès et de blessures sérieuses sur nos routes. 65.000 personnes meurent chaque année dans des accidents dus à un excès de vitesse, qui est la cause principale dans 30 à 50% de décès sur la route. L’association des ingénieurs automobiles (SAE) affirme qu’AIV pourrait réduire les collisions de 30%[2]. Le conseil européen de la sécurité des transports[3] va plus loin et avance que 20% des décès pourraient être évités.

En effet, réduire sa vitesse limite le risque d’accident et en cas de collision, amoindrit son impact sur le conducteur mais aussi sur les autres usagers de la route. Selon le parlement européen, les technologies de sécurité comme AIV pourraient contribuer à sauver 25.000 vies et empêcher 140.000 personnes d’être blessées d’ici 2038[4].

 

A-t-on besoin d’une carte pour mettre en place AIV ?

On a beaucoup entendu dire que les capteurs, en particulier les caméras, suffiraient pour mettre à jour les limites de vitesse, sur tout type de route, partout en Europe, pour tout type de véhicule. C’était ne pas penser aux limites de vitesses implicites – comme rouler à 50 km/h dans une ville – et conditionnelles, c’est-à-dire ces limites de vitesse qui changent en fonction des conditions météorologiques ou de l’heure qu’il est. Même dans les cas où les panneaux sont là, ils peuvent être difficiles à lire ou être dissimulés par des véhicules garés en double file, de la neige ou des arbres.

La majorité des acteurs du secteur automobile s’accordent maintenant sur le fait que les cartes digitales embarquées dans le système de navigation du véhicule et qui intègrent les limites de vitesse sont essentielles à la mise en place d’AIV : 90% des constructeurs ont choisi de faire appel à des services de cartographie qui, associés avec les données des caméras, assurent un niveau de précision inégalé quant aux limites de vitesse, que ce soit la vitesse en elle-même, la portion de route exacte ou les conditions dans lesquelles elle s’applique.

 

AIV, le Big Brother de votre conduite ?

Comme son nom l’indique, AIV – Intelligent Speed Assistance (ISA) en anglais – est une aide à la conduite. S’il est vrai que les avertissements peuvent être fournis à la fois de façon visuelle, acoustique et tactile avec certains constructeurs automobiles allant jusqu’à faire que la pédale d’accélération s’oppose à la pression du pied du conducteur s’il dépasse la limite de vitesse en vigueur, ces fonctionnalités peuvent être ignorées et/ou désactivées à tout moment. La responsabilité demeure donc celle du conducteur. De plus, les décisions du conducteur, qu’elles soient de dépasser la limite autorisée ou pas, ne sont pas associées à un individu.

 

Aucune donnée personnelle liée au conducteur ou à ses passagers, y compris sa localisation, n’est enregistrée. Il est donc complètement faux de prétendre, comme beaucoup de gros titres l’ont fait ces derniers temps, qu’AIV amène Big Brother dans le véhicule.

 

La localisation au sein des technologies au service de la sécurité routière

Si AIV est la mesure législative la plus récente, elle est loin d’être la seule fonctionnalité ayant pour but de réduire les conduites à risque. L’affichage tête haute ou HUD (pour Head Up Display) par exemple permet de voir les informations essentielles telles que la vitesse ou le GPS, au niveau de la vision sur la route. Il permet au conducteur de ne pas avoir à quitter la route du regard pour avoir accès aux informations importantes.

Ainsi, il est plus simple de se concentrer sur la route et être à l’affut des éléments imprévus. Le règlement général de sécurité européen (GSR) prévoit également que tous les véhicules soient dotés d’un ELKS (Emergency Lane Keep System) dès juillet 2022 pour les nouveaux types, pour encourager les conducteurs à rester dans leur voie. Comme AIV, la plupart de ces fonctionnalités font appel à des services de localisation.

 

NCAP – l’organisme qui donne des étoiles à votre véhicule prend maintenant en compte l’assistance vitesse

L’un des éléments clefs de la sécurité routière reste la sécurité du véhicule. Le New Car Assessment Program (NCAP) est l’organisme dont les évaluations font référence en la matière – que le véhicule soit une voiture, un véhicule utilitaire léger, un camion ou un bus. En novembre 2021, le NCAP européen a changé ses critères d’évaluation pour intégrer l’assistance vitesse.

En effet, EuroNCAP est convaincu que la vitesse est déterminante non seulement pour éviter les accidents mais aussi pour en réduire l’impact – à la fois sur les conducteurs et sur les autres usagers de la route. Dès janvier 2023, les nouveaux véhicules passant l’évaluation EuroNCAP devront montrer qu’ils recommandent la vitesse la plus appropriée pour toute situation donnée en prenant en compte les limites officielles, mais également les limites conditionnelles – liées par exemple à la météo ou à l’heure de la journée – et contextuelles – on ne roule pas de la même façon devant une école que sur une route à deux voies – ainsi que les dangers à venir. Ce protocole va donc plus loin qu’AIV et pourrait être rendu obligatoire par les institutions européennes dans les prochaines années.

En 2021, 2.944 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine selon le ministère de l’intérieur. Ce chiffre, inférieur de 8% à celui de 2019 est historiquement bas. Outre les mesures prises par le gouvernement pour sensibiliser la population à la sécurité routière, la baisse du nombre de décès sur la route est notamment dû à la réduction de la limitation de vitesse, ainsi qu’à l’amélioration des moyens technologiques mis en place pour protéger les conducteurs et passagers. Toutes ces mesures reposent sur des technologies de localisation.

Avec AIV à bord de tous les nouveau modèles de véhicules à partir du 6 juillet 2022, le nombre de décès devrait continuer à baisser et ce encore plus lorsque le nouveau protocole NCAP sera mis en place à partir de janvier 2023.

 

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crédit photo: capture d’écran

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