«Le soir, je retrouve son slip souillé» : à l’école, les enfants ont peur d’aller aux toilettes

 

Depuis qu’elle a été filmée à son insu dans les toilettes de son collège par un camarade, en début d’année, Clara (le prénom a été changé) n’y va plus jamais. « Je sais qu’il n’a rien filmé de très honteux, mais sur le principe, je suis tellement gênée. Qu’a-t-il fait de sa vidéo ? Je ne sais pas… Alors dans le doute, je préfère ne pas revivre l’expérience », souffle l’adolescente, scolarisée en Seine-et-Marne. Elle en paie le prix :

 

ils sont nombreux à les éviter. La moitié des élèves disent avoir eu mal au ventre au moins une fois dans l’année pour ne pas être allé aux WC, et 20 % ont souffert de constipation aiguë. Pour Pauline, la maman d’Enzo, « c’est une hantise ». Son fils, en CM2 dans une école de région parisienne, n’y va jamais ! « Je sais qu’il en souffre, physiquement. Il ne lui est rien arrivé de grave dans les WC… mais il est juste dégoûté par les odeurs, la saleté », assure-t-elle. À tel point que parfois, « les slips de (son) fils sont souillés » le soir, quand il rentre de l’école. Signe que le petit n’a pas tenu. Les décisions radicales de certains établissements « Je pense à lui plusieurs fois dans la journée, en me demandant s’il a osé aller aux toilettes ou pas », dit encore Pauline. Même son de cloche chez Natalia, la maman d’une fillette scolarisée en maternelle, qui a dû, elle, « remettre des couches » à sa petite durant quelques mois. « Elle ne voulait pas mettre un pied dans les toilettes de l’école » parce que, disait-elle, « il y a trop de bruit » et « tout le monde nous regarde quand (on) fait pipi ». « La maîtresse n’a rien dit, consciente du problème, interprète Natalia. Alors que normalement, les enfants doivent être sans couche à l’école. » Les filles sont particulièrement vulnérables à la question. Outre les problèmes d’intimité, de propreté et de sécurité, « il y a aussi celui de la dignité », complète Jean-Yves Guéant, responsable de la FCPE en Haute-Garonne. Dans une école de Toulouse, c’est l’association des parents qui a fait installer des petites poubelles pour les protections hygiéniques des filles. Autant de problématiques qui poussent les établissements à prendre des décisions… radicales. Plusieurs établissements du second degré ont décidé de fermer leurs sanitaires en dehors des récréations. « Il faut un justificatif aux élèves pour y aller », se désole Jean-Yves Guéant. Au ministère, on confirme que ce genre de procédé est « tout ce qu’il ne faut pas faire ».

 

 

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crédit photo: capture d’écran

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