« FR-Alert » : Trois choses à savoir sur le nouveau dispositif français d’alerte par téléphone

Le gouvernement lance un système permettant d’envoyer des notifications aux personnes se trouvant dans une zone présentant un grave danger

SECURITE – Le gouvernement lance un système permettant d’envoyer des notifications aux personnes se trouvant dans une zone présentant un grave danger

Vous allez peut-être prochainement recevoir des messages d’alerte du gouvernement directement sur votre smartphone. Depuis ce mardi, un tout nouveau système de sécurité a été déployé sur l’ensemble territoire français. Il s’appelle « FR-Alert » et il a été développé par le ministère de l’Intérieur afin d’envoyer des notifications sur les téléphones mobiles des personnes présentes dans une zone concernée par un incident majeur. 20 Minutes vous dit tout de ce nouveau dispositif.

 

Comment fonctionne « FR-Alert » ?

« FR-Alert », ce n’est pas une application mobile. Le système ne s’installe pas et ne se télécharge pas. « FR-Alert », c’est un dispositif reposant sur la technologie du « cell broadcast ». Les messages sont envoyés via des antennes téléphoniques aux portables situés à proximité de celles-ci, sous la forme d’ondes radio et non pas par SMS, afin d’éviter de saturer le réseau. La diffusion des alertes se fait donc par zone plus ou moins grande et de façon assez précise.

Si vous vous trouvez dans l’espace de diffusion concerné, vous recevrez une notification accompagnée d’un signal sonore spécifique et d’une vibration. Cela marche même si votre téléphone est en mode silencieux… mais pas s’il est en mode avion ou éteint. Le gouvernement indique toutefois que la « cell broadcast » fonctionne pour l’heure que sur la 4G et bientôt la 5G, ce qui exclut les personnes ne possédant pas de smartphone. « Le système de SMS géolocalisés fonctionnant sur de la 2G, 3G et 4G sera déployé ultérieurement », précise l’Elysée.

 

Dans quels cas les Français recevront-ils des messages ?

Le ministère de l’Intérieur indique que les notifications seront envoyées aux personnes se trouvant dans « une zone confrontée à une menace ou à un grave danger ». Cela peut être des événements naturels (inondation, tempête, cyclone, incendie, tsunami, éruption volcanique, etc.), des accidents biologiques et chimiques (pollution, fuite de gaz, incident nucléaire, etc.) des dangers sanitaires (épidémie, pandémie, incident agro-alimentaire, etc.), des incidents technologiques et industriels (panne des moyens de télécommunication, accidents graves sur les réseaux routiers, ferroviaires ou aériens, incident industriel, etc.) ou encore des événements graves de sécurité publique tels que des attentats terroristes.

Les notifications donneront des informations sur la nature du risque, sa localisation, l’attitude à adopter et éventuellement un lien pour obtenir des informations supplémentaires.

A noter que « FR-Alert » a été testé « sur une population réelle » pour la première fois dans les Bouches-du-Rhône. Les 17 et 18 mai, le système a été expérimenté lors d’un exercice de gestion des risques « d’une ampleur hors norme », avait à l’époque souligné le préfet de la région Christophe Mirmand. Appelé Domino, l’exercice, qui avait mobilisé plus de 1.000 personnes chaque jour autour de l’étang de Berre, s’était avéré concluant.

 

Pourquoi le système SAIP, ancêtre de « FR-Alert », avait-il fait un flop ?

Si ce dispositif « FR-Alert » est imposé par une directive européenne, la France avait déjà tenté l’opération entre 2016 à 2018 avec le système SAIP. Mis en place après les attentats de Paris, l’objectif était le même : « avertir la population d’une zone donnée d’un danger imminent ». Mais les moyens, eux, étaient différents. SAIP était une application à télécharger sur laquelle les utilisateurs devaient activer la géolocalisation et les notifications. Résultat, seulement un million de personnes ont téléchargé l’appli.

Notre dossier sur les données personnelles

Celle-ci n’était pas disponible avec certains systèmes d’exploitation et devait rester ouverte sur les iPphone pour fonctionner. Elle s’est par ailleurs avérée assez peu efficace en 2016 à Nice. En 2016, l’alerte a été déclenchée trois heures après l’attentat qui a été perpétré le 14-Juillet sur la Promenade des Anglais. Dans ces conditions, aucune chance pour SAIP de faire le poids face à la fonction « safety check » de Facebook​ ou encore face la rapidité de la diffusion de l’information sur Twitter. Le gouvernement avait donc décidé d’arrêter les frais.

 

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crédit photo: capture d’écran

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